Aleksandra Paszkowska est une actrice du secteur textile d’un genre un peu particulier. En effet, son travail est basé sur un principe simple: « une tenue adaptée pour chaque situation et sans valise« . De là, Aleksandra Paszkowska nous emmène dans un monde où les vêtements sont réversibles, d’une part, mais aussi totalement « transformables » d’autre part. Une créatrice à suivre assurément… Vous risquez d’être dépaysés.
Le quotidien gratuit Métro à récemment publié une interview de l’artiste. Nous vous le proposons ici.
NOTE: Alors que nous publions le 27 août 2010, un article intitulé « The M-Dress (pour Mobile-Dress) » il est intéressant de préciser que M-dress et Y-dress ne sont pas des même créateurs.
La happy-fashion d’Aleksandra Paszkowska.
Pourquoi avoir choisi «Y-dress?» comme nom pour votre marque?
«C’est une référence à mon premier vêtement «Y-shirt», le happy T-shirt. Au lieu du T de T-shirt, dont la forme évoque des bras tendus à l’horizontale, le «Y-shirt» fait penser à des bras levés vers le ciel, en signe de bonne humeur. Phonétiquement, en anglais, «Y-dress?», ça signifie aussi pourquoi s’habiller? C’est un clin d’œil au fait que je me pose toujours beaucoup de questions sur le sens de mon travail. Pourquoi la mode, pourquoi fabriquer des vêtements?»
Et ce sens, vous l’avez trouvé?
«Mes vêtements veulent refléter un esprit de spontanéité, de liberté, d’ouverture d’esprit et d’ouverture aux changements. Cela se traduit par des pièces qui sont transformables: un pantalon peut devenir un t-shirt, une jupe se métamorphoser en nappe pour un pique-nique, et ainsi de suite. J’ai aussi inventé un concept de robe de mariage d’urgence «instant princess» qui tient dans un sac. J’aime l’idée de pouvoir instantanément répondre à une envie de fête. C’est aussi le confort et la féminité associés. Je fais des vêtements faciles à transporter, à utiliser, à soigner. Avant de les commercialiser, je teste toutes mes créations à vélo, en soirée, au bureau.»
Pratique et élégant, l’idéal de la femme moderne et active en somme…
«Mais sans non plus tomber dans les clichés de la nana qui ne fait que courir du matin au soir.»
D’où vous viennent toutes ces idées originales?
«Des petites observations de la vie de tous les jours, en regardant mes amis. Je dessine aussi beaucoup de croquis pendant mes nombreux voyages en train.»
Entre deux voyages, vous passez un peu de temps dans votre boutique de la rue Dansaert. Vous aimez ce contact avec la clientèle?
«Oui. Ce qui est très gai, c’est de voir l’étonnement des gens. On peut voir l’instant précis où le déclic se fait, où vous voyez naître une envie dans leurs yeux.»
Vous avez créé des pièces pour le label de commerce équitable Max Havelaar. Vous êtes particulièrement sensible aux conditions de travail dans le secteur textile?
«Depuis sept ans, je travaille avec un petit atelier en Pologne. Je viens régulièrement faire des visites et je connais leurs conditions de travail. Il y a une vingtaine de couturières. En été, on mange des pommes ensemble sous le pommier du jardin. On commence à bien se connaître. Du coup, elles ne se gênent plus pour faire des commentaires sur mes commandes. Parfois, elles ne veulent pas travailler sur une pièce qu’elles trouvent trop compliquée. Certains jours, cette proximité est difficile à gérer. Mais c’est aussi très constructif. Je me souviendrais toujours de la fois où la production était en retard d’une semaine. Les filles ont spontanément retardé leurs vacances pour achever le boulot. Jamais je n’aurais osé leur demander un truc pareil.»
Vous avez créé une ligne de vêtements pour rouler à vélo. L’environnement, c’est aussi une de vos préoccupations?
«J’aimerais beaucoup travailler avec des textiles bio. Malheureusement, le choix de textiles bio aujourd’hui se limite souvent à des cotons ternes. Alors que je cherche des matières fluides, élastiques, colorées. Il y a une soie bio fabriquée en Suisse qui va bientôt sortir et je compte bien me précipiter dessus!»
Vos collections semblent se jouer des saisons. Votre mode serait-elle anti-mode?
«Non, je ne suis pas contre la mode. La mode, c’est une histoire d’envie, d’excitation, et je trouve cela très positif. En revanche, ce qui me déplaît complètement, c’est la surconsommation. Ce besoin de répondre à des envies immédiates de n’importe quelle façon. On pollue tout autant avec un vêtement bon marché qui tombe en lambeau après deux mois qu’avec une pièce de qualité. Je n’aime pas ce manque d’attention accordé à l’objet.»
Quelque chose à ajouter à cette interview?
«Que je suis incroyablement heureuse et chanceuse de gagner ma vie avec le métier que j’aime! Et que je souhaite ce bonheur à tout le monde.»
www.ydress.com
sources: www.metrotime.be
[25-11-2010]